Assise devant le lycée, musique sur les oreilles, le cul par terre et la fumée a la main, je me ronge les ongles en pensant à ça. Je me remet constamment en question. C'est mal je sais. Mais qui vous a dit que j'étais une fille bien? Je fuis le regard des autres. Aucune confiance. Ni en eux, ni en moi. Je sais que je ne peux pas compter sur eux. Alors comment me convaincre que je peux compter sur moi-même? Sais pas. Une chose est sure. C'est que je m'en veut d'être ici. Enfin, un peu. Je repense à la discussion que j'ai eu avec mon père. "Mais..tu aimes ce que tu fais au moins?" "... Oui." J'avoue qu'en y réfléchissant, ça n'est pas ce dont j'aurai rêvé. Ca me plait certes, mais il y a toujours un idéal. Mon idéal a moi, serait de travailler dans la musique.. La presse ou le spectacle alors. Rien a voir avec la microbio ou la biochimie me direz-vous. Oui. Aucun rapport. Mais je me rends compte que malgré le coté high-tech et futuriste de l'architecture de mon lycée, celui-ci manque cruellement d'art. Pas de L. Lycée scientifique... Donc mentalité de scientifique. Donc gens fermés. Qui s'intéressent très peu à la culture. Gens fermés, esprits fermés. Mentalités futile et enfantine. Incapables de lire un livre de 80 pages en moins de 2 semaines. Mais tous ça ce ne sont que des exemples. Rien a voir comparé au coté "vivable". Non, rien à voir...
Personne ne s'intéresse à ce que j'étais, ce que je suis, et ce que je serai. Ils en ont strictement rien a foutre. Non, je ne suis pas égoïste. Parce que moi je m'intéresse. Je tente désespérément de m'intégrer. Ca parait facile. Oui, ça parait. Sans vous mentir, il me semble que je discute avec mes profs qu'avec les élèves. A par un "salut", un "t'as pas l'heure steuplait?", un "Hé? C'est quoi la réponse de la question 3?" ou encore un "T'as pas une clope?" , les conversations sont pas folichonnes. Pour ainsi dire, je suis mal. J'ai l'impression de mener deux vies en parallèle. C'est dur, jvous assure. Tout me fatigue. Dès que je suis dans le train, je pique du nez. J'ai du mal a me motiver. Comprenez-moi, j'en ai marre et j'suis pas aidée. Margaux me dirait "Et Laurine? Tu l'aimes pas Laurine?"
Alors je compte les jours. Je compte jusqu'au 15avril. Parce que je sais que ce jour là, personne ne me laissera jamais tomber.
En fait. Je me manque cruellement d'affection.



